Comment l’avons-nous su ? Il ne se retournait pas quand on l'appelait par son prénom, il faisait des gestes répétitifs, ne supportait pas les chansons qui sonnent faux, les bruits du mixeur entre autres et le plus dur a été la détérioration du langage ...”, livre J.S., fonctionnaire, sur son compte Facebook. “Certains de nos biens sont abîmés presque quotidiennement. Nous devons surveiller de près notre fils afin qu’il ne disparaisse pas d’une seconde à l’autre, ou tout simplement pour éviter le pire. De plus, il ne supporte pas la foule”, témoigne M.H., designer. Comme eux, bon nombre de parents ont témoigné de l’état et des comportements de leurs enfants autistes sur les réseaux sociaux hier, à l’occasion de la journée mondiale de sensibilisation à l’autisme (JMSA), célébrée chaque 2 avril. L’autisme n’est pas un trouble, mais une part de la diversité cognitive. Les comportements anormaux des autistes peuvent être canalisés. D’ailleurs, des autistes ont pu fonder une famille, avoir des enfants et exceller dans divers domaines.
L’éducation, principal défi à relever
“ Ma fille a été inscrite dans une école inclusive, mais ses camarades de classe et même certains enseignants l’ont quasiment exclue. J’ai dû l’inscrire dans un nouvel établissement depuis cette année et là, il se sent bien et s’épanouit comme jamais”, nous confie A.R., mère de 3 enfants. “ Ce que j'ai le plus mal vécu a été son renvoi de sa première école pourtant censée être inclusive car homologuée. Le vendredi, l'école nous a annoncé qu'il y restera pour l'année suivante avec un programme spécial. Le lundi, la direction nous a dit que " c'est mieux pour lui d'aller dans une autre école et qu'on nous a déjà recommandé là bas"...”, ajoute J.S. Ces cas ne sont pas isolés pour les enfants autistes, dont la plupart n’ont pas accès à l’éducation dont ils ont besoin. Souvent, bon nombre d’écoles refusent la scolarisation des enfants autistes puisque les enseignants ne savent pas quoi faire d’eux. D’un autre côté, les frais de scolarité semblent hors de portée de la majorité des parents dans les établissements spécialisés ou inclusifs. “En ce jour, j'aimerais sensibiliser le pouvoir public et tous ceux qui peuvent contribuer à faciliter l'accès aux différentes thérapies pour que tous les enfants autistes malagasy puissent être accompagnés. Ils sont nombreux dans la société et à ma connaissance, Antananarivo est la seule ville où il y a tous les spécialistes, dont ceux de l'ergothérapie, l'orthophonie, la psychomotricité, la pédopsychiatrie, etc.”, sensibilise notre interlocutrice. Quoi qu’il en soit, la JMSA constitue une occasion d’agir ensemble pour soutenir les personnes autistes et d’œuvrer afin de créer une société inclusive.
Patricia R.